Avant de partir, l’IA aide surtout à choisir où aller
Entre un hôtelier mosellan qui a suivi 80 % des adresses proposées par ChatGPT et une salariée qui a choisi Antibes avec Copilot, Le Monde éclaire un usage qui s’installe.
En bref
- Le Monde a consacré le 9 octobre 2026 une enquête à l’IA dans la planification des vacances.
- Un hôtelier mosellan a organisé une semaine à Singapour uniquement avec ChatGPT.
- Une salariée de 40 ans a choisi Antibes après avoir interrogé Copilot.
- Un livre sur l’IA et le tourisme doit paraître en novembre aux Éditions de l’Aube.
Oui, une IA peut déjà tenir le rôle de guide pour bâtir des vacances, et de plus en plus de voyageurs s’y fient. Selon une étude menée par Evaneos et Yougov et publiée en avril, un Français sur quatre a déjà sollicité un outil d’intelligence artificielle pour organiser ses congés. Le chiffre ouvre une enquête du Monde, qui suit cette technologie de la première idée de destination jusqu’au moment de réserver.
Choisir où partir, premier usage des voyageurs
Pour l’heure, d’après le quotidien, c’est surtout en amont que l’IA intervient : on la consulte pour trancher entre plusieurs destinations, bien avant de lui confier le détail des journées. Elle sert donc d’abord de boussole, à l’étape où l’envie de voyage cherche encore sa forme. Ce constat éclaire aussi les limites du conseil : un outil qui aide à choisir un lieu ne remplace pas, à lui seul, l’ensemble de la préparation d’un séjour, et le récit de chaque voyageur reste propre à sa situation.
Deux carnets de voyage, deux façons de l’utiliser
Le premier témoignage vient d’un homme qui connaît le métier de l’intérieur. Christophe Thiriet, 57 ans, dirige une chaîne hôtelière ainsi que l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de la Moselle. Pour une semaine passée à Singapour avec son fils de 17 ans, il n’a pas feuilleté le moindre guide papier, une première pour lui. Il a simplement demandé à ChatGPT de lui composer un programme découpé en demi-journées.
Il affirme n’avoir rien contrôlé avant de s’envoler et se dit prêt à recommencer. Son expérience reste celle d’un seul voyageur, à une seule destination : elle montre ce qui a fonctionné pour lui, pas ce qui fonctionnera pour tous. Ceux qui rêvent eux aussi de la cité-État peuvent confronter ce programme aux incontournables de Singapour.
Le second cas est plus modeste et colle à l’usage dominant. Émilie, salariée de 40 ans, cherchait l’été dernier une ville de la Côte d’Azur desservie par le TGV. Après avoir interrogé Copilot, l’assistant de Microsoft, elle a jeté son dévolu sur Antibes. Ici, l’IA n’a pas écrit l’itinéraire complet : elle a aidé à arrêter le point de chute.
Ce que l’IA promet, et ce qu’elle interroge
Hôtels, agences et destinations tentent, selon Le Monde, de ne pas manquer ce tournant. Le journal résume les attentes et les inquiétudes ainsi :
- du côté des promesses, des séjours plus fluides et mieux adaptés à chacun, et des professionnels gagnant en productivité ;
- du côté des questions, le risque d’erreurs, l’uniformisation des parcours, les effets sur l’emploi et le coût environnemental ;
- des risques qui concernent à la fois les voyageurs, les acteurs du tourisme et les destinations elles-mêmes.
L’idée d’un « point de bascule » pour le secteur est portée par Erwan Simon, fondateur de l’entreprise GenIAl. Avec Michel Durrieu, il cosigne L’IA, métamorphose des destinations et du tourisme, un ouvrage de 248 pages annoncé en novembre aux Éditions de l’Aube.
Photo : Vojta Kovařík / Pexels
