À Santa Maria, la plage est blonde là où le reste des Açores est noir

Première île de l’archipel à avoir été découverte, Santa Maria cache dans sa forêt du nord une étendue d’argile couleur sang, et se démarque de ses voisines par la teinte de son sable.

Cécile Godard Par Cécile Godard
3 min de lecture
À Santa Maria, la plage est blonde là où le reste des Açores est noir
Photo d’illustration. Une plage de sable blond ouverte sur l’océan, adossée à une colline verdoyante et à un petit promontoire rocheux.

En bref

  • Santa Maria est la plus ensoleillée des Açores et la seule à offrir des plages de sable clair.
  • Vila do Porto garde églises, maisons manuélines et fort contre les flibustiers.
  • Barreiro da Faneca, paysage protégé, étale une argile rouge au milieu de la forêt.

Dans l’archipel des Açores, Santa Maria occupe une place à part : elle fut la première île à être découverte, en 1427, avant d’être colonisée. D’après le reportage de GEO, c’est sur ce rivage que s’est ouvert le premier chapitre de l’histoire portugaise de l’archipel. Ce voyage-là commence donc par un point de départ, au sens propre.

1427année de la découverte de l’île
97 km²superficie de l’île
5 000habitants

Une petite île, du soleil et du sable blond

Sur ce territoire minuscule, le soleil se montre plus généreux que sur ses voisines : Santa Maria est présentée comme la plus ensoleillée de l’archipel. Elle se distingue aussi par ses plages. Partout ailleurs aux Açores, le sable est noir ; ici, il est blond, comme à la praia Formosa, la plus célèbre d’entre elles.

L’île a aussi accueilli un visiteur illustre. En 1493, de retour du Nouveau Monde, Christophe Colomb y a fait escale après avoir essuyé une forte tempête. Il y a fait célébrer une messe, dans la chapelle qui domine la baie dos Anjos.

Vila do Porto, un concentré de charme colonial

Vila do Porto s’élève sur un promontoire côtier du sud-ouest de l’île. Les Portugais y ont fondé leur toute première cité, vers 1450. Le bourg rassemble des églises d’une blancheur immaculée ainsi que des demeures de notables bâties dans le style manuélin. Le fort de São Brás, dont on voit encore les remparts, avait pour fonction de tenir à distance les flibustiers qui attaquaient l’île.

Barreiro da Faneca, le désert rouge

Dans le nord, le décor bascule. Une terre aride et argileuse, couleur sang, occupe 835 hectares, enchâssée dans une forêt d’un vert éclatant. Ce site, nommé Barreiro da Faneca, est classé paysage protégé. Sa couleur résulte de l’oxydation, il y a trois millions d’années, d’une couche de cendres issues d’un volcan.

Le contraste entre l’argile rouge et la végétation qui l’entoure donne à ce coin de l’île son identité visuelle, que le reportage de GEO met en avant.

Plage de sable doré vue d’en haut, avec des vagues qui déferlent en écume blanche sur une mer vert-gris calme.
Une plage de sable blond bordée de vagues, sous un ciel voilé. Photo d’illustration, sans lieu précisé. Photo : alleksana / Pexels

Le magazine GEO range ce site parmi les bijoux géologiques de Santa Maria. Son reporter exprime sa surprise devant une telle étendue rouge au milieu d’un écrin de verdure, et juge l’endroit unique en son genre. Cette appréciation est celle du journal, non un constat mesuré.

Santa Maria dans l’archipel, et un repère de séjour

Santa Maria n’est qu’une pièce d’un ensemble. En allant de São Miguel jusqu’à Pico, avec des étapes à São Jorge et à Faial, le voyageur rencontre des caldeiras envahies par la végétation, des côtes abruptes que l’Atlantique frappe sans relâche et des villages de pêcheurs. Pour prolonger l’exploration, on peut lire notre récit sur São Miguel et ses volcans.

Ce dossier sur l’île figure dans le numéro 572 du magazine GEO, daté d’octobre 2026, consacré à neuf îles de l’archipel.

Selon GEO, les îles de l’archipel se succèdent sans jamais se ressembler, et leurs villages de pêcheurs conservent des influences portugaises demeurées intactes. Le magazine voit dans les Açores une destination à part, qu’il décrit comme sauvage, chaleureuse et profondément vivante.

Pour réaliser ce dossier, les reporters ont reçu l’aide de l’agence Les Maisons du Voyage. Celle-ci met sa connaissance intime de l’archipel à la disposition des lecteurs qui souhaiteraient refaire le trajet des journalistes.

Photo : Frederick Adegoke Snr. / Pexels