Karl Bushby a regagné l’Angleterre à la nage après 28 ans
Parti du Chili en 1998 sans jamais monter dans un véhicule, l’ancien parachutiste est sorti de la Manche à Douvres, à quelque 400 km du terme de son périple, à Hull.
En bref
- Ce Britannique a touché le sol de son pays après avoir nagé à travers la Manche, et pourtant son voyage n’était pas encore achevé.
- Avant de devenir marcheur au long cours, il a servi comme parachutiste dans l’armée britannique.
- L’après était déjà esquissé : une fois arrivé, l’ancien militaire comptait se tourner vers le documentaire et donner des conférences, prolongeant par le récit une aventure commencée en 1998.
Le plus étonnant, dans le retour de Karl Bushby, n’est pas la distance avalée mais le temps qu’il a fallu pour y parvenir. Ce Britannique a touché le sol de son pays après avoir nagé à travers la Manche, et pourtant son voyage n’était pas encore achevé. La règle qu’il s’est fixée en 1998, ne jamais utiliser le moindre moyen de transport, devait s’appliquer jusqu’au dernier pas.
Une sortie de l’eau gardée secrète jusqu’au bout
La traversée était restée secrète jusqu’à son terme. Coordonnée avec les garde-côtes des deux rives, français et britanniques, elle a été tenue confidentielle jusqu’à son achèvement pour des raisons de sécurité, selon son entourage. C’est un lundi de début octobre 2026, à 15 h 30 heure locale (14 h 30 GMT), que le nageur est sorti de l’eau à Douvres, sur la plage dite de Shakespeare.
Ses proches l’attendaient, ainsi que le cinéaste allemand Werner Herzog, venu filmer l’arrivée avec son équipe de tournage. Dans un communiqué, Karl Bushby s’est dit heureux de retrouver le sol britannique sous ses pieds après toutes ces années.
Un ancien parachutiste et une règle sans exception
Karl Bushby avait 57 ans lors de cette traversée. Avant de devenir marcheur au long cours, il a servi comme parachutiste dans l’armée britannique. Son défi tient en une contrainte simple à énoncer et vertigineuse à tenir : rejoindre Hull, ville du nord-est de l’Angleterre, uniquement à pied ou à la nage, en partant de l’autre bout du monde, au Chili.

Ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire, car le compteur des années a continué de tourner pendant de longs arrêts.
Pourquoi le voyage a été plusieurs fois interrompu
Fin septembre 2026, alors qu’il patientait encore pour obtenir le feu vert à la traversée de la Manche, il a confié à l’AFP le bilan de ses arrêts forcés. Trois causes reviennent :
- Les visas, et surtout le refus prolongé de Moscou. Il lui a été opposé pendant des années, après qu’il eut franchi à pied le détroit de Béring, de l’Alaska à la Russie, avec un coéquipier américain.
- La crise financière de 2008, qui a aussi stoppé sa progression.
- La pandémie de Covid-19, nouvelle parenthèse imposée.
Au total, ces obstacles lui ont pris 14 de ses 28 années sur la route. Une marche autour du monde dépend ainsi autant des frontières et de l’actualité que des jambes de celui qui l’entreprend. Dans son communiqué, Karl Bushby a d’ailleurs reconnu que l’épreuve n’avait rien eu de facile, mais que c’était justement le but : se prouver qu’il pouvait aller au-delà de ce dont il se croyait capable.
Les derniers kilomètres jusqu’à Hull
Douvres n’était qu’une étape. Selon le récit publié par Geo, qui relaie la dépêche, il lui restait alors quelque 400 kilomètres à couvrir jusqu’à Hull, où il comptait refermer la boucle. Ce dernier tronçon restait soumis à la même règle que tout le reste du parcours, sans voiture, sans train, sans bateau.
L’après était déjà esquissé : une fois arrivé, l’ancien militaire comptait se tourner vers le documentaire et donner des conférences, prolongeant par le récit une aventure commencée en 1998.
Photo : WolfBlur / Pixabay
