Au Vietnam, 2 700 chats volés de nuit pour des restaurants
Douze suspects sillonnaient à moto des quartiers résidentiels du Vietnam entre 23 h et 4 h ; leur réseau avait déjà été la cible de la police en juillet.
La police vietnamienne a arrêté douze hommes accusés d’avoir dérobé près de 2 700 chats, revendus pour leur viande après des expéditions nocturnes dans des quartiers résidentiels.
En bref
- Douze hommes ont été arrêtés au Vietnam pour le vol d’environ 2 700 chats, selon la police.
- Les vols avaient lieu la nuit, à moto, dans des quartiers résidentiels.
- Du matériel de dépeçage et des pièges ont été saisis à Hô Chi Minh-Ville.
- La viande de chat est légale au Vietnam, sous réserve de certificats d’origine.
L’affaire, relayée par la police et par les médias d’État, touche un sujet qui interpelle souvent les voyageurs découvrant le pays : la place de certaines viandes dans la cuisine locale. Elle raconte surtout un trafic organisé, méthodique, qui visait d’abord les animaux de compagnie du voisinage.
Des tournées à moto entre minuit et l’aube
Les douze suspects ont été interpellés pour vol. D’après un communiqué de la police, ils ont reconnu avoir dérobé puis écoulé environ 2 700 chats, de races variées. Il ne s’agissait donc pas seulement d’animaux errants, mais aussi de chats appartenant à des familles.
Leur façon d’opérer, décrite par les médias d’État, suivait une routine précise. Les hommes se déplaçaient en petits groupes, à moto, et quadrillaient les rues résidentielles entre 23 h et 4 h du matin. À ces heures, les animaux circulent librement et les habitants dorment : les voleurs n’avaient qu’à ramasser les chats du quartier avant de repartir.
Un réseau déjà dans le viseur des enquêteurs
À Hô Chi Minh-Ville, la grande métropole du sud, les policiers ont saisi l’équipement du groupe : des machines servant à dépecer les animaux, des pièges et des balances. Ce matériel dit beaucoup de la chaîne en place, de la capture jusqu’à la pesée avant la vente.

Ce n’était pas la première intervention. En juillet, le même réseau avait déjà été ciblé, avec une saisie comprenant notamment deux balances et deux machines à dépecer. Et la ville avait connu, plus tôt dans l’année, un autre coup de filet visant deux réseaux distincts spécialisés dans le vol de chats.
Ce dernier montant ne vient pas de la police : il provient d’informations publiées dans la presse, qui évoquent un tarif plancher pour les chats volés écoulés auprès de restaurants. Mis en regard des quelque 2 700 animaux reconnus par les suspects, il donne une idée de l’intérêt financier d’une activité menée à la chaîne, nuit après nuit.
Une viande autorisée, à condition d’en prouver l’origine
C’est là que l’affaire éclaire une réalité parfois mal comprise de l’extérieur. Au Vietnam, manger de la viande de chien ou de chat n’est pas interdit. La loi encadre toutefois ce commerce : les vendeurs doivent obtenir des certificats qui attestent de la provenance des animaux.
Les poursuites engagées contre les douze hommes portent donc sur le vol, pas sur la consommation elle-même. Ce qui est reproché au réseau, c’est d’avoir alimenté ce marché avec des animaux pris dans les cours et les ruelles, hors de toute traçabilité. Pour qui voyage dans le pays avec curiosité pour sa cuisine, ou avec une sensibilité à la cause animale, la distinction compte : la frontière légale passe par l’origine documentée de l’animal, et non par le plat servi.
Le magazine Geo rapporte que ces arrestations ont été annoncées conjointement par la police et les médias d’État vietnamiens, qui ont décrit le fonctionnement du réseau et la saisie réalisée à Hô Chi Minh-Ville.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Pimnl. Licence : CC0.
